jacques perriaultMon cher petit fils,

Je t’écris une lettre, c’est chose rare aujourd’hui, car on fait plutôt un SMS, un mail, voire un skype. Dans cette lettre, je veux te dire deux ou trois choses importantes à propos de l’informatique. Tu viens juste d’avoir dix ans. A dix ans, on comprend déjà des tas de choses. Alors parlons d’informatique.
Ta chambre est remplie d’objets électroniques : tablette, ordinateur et bientôt peut être un Smartphone. Quand j’avais ton âge, il n’y en avait pas du tout. Un seul téléphone à fil se trouvait dans l’appartement sur un petit meuble dans l’entrée et n’en bougeait pas. Vingt ans plus tard, il y avait un ordinateur dans la chambre de ton père : c’était un luxe dont peu d’enfants bénéficiaient à l’époque. Ces appareils servaient notamment à pratiquer les jeux vidéo, mais aussi à rêver....

Avec ton père, nous imaginions qu’on pourrait écrire avec le doigt sur l’écran en effleurant l’écran. Et ça devint possible ; c’est courant aujourd’hui. On fait défiler les photos, on appelle des applications avec le doigt sur l’écran. A la base de cela, il y a les programmes informatiques. Certains sont très compliqués, mais au fond c’est très simple. Suppose que je sois un ordi et toi, un robot qui est capable d’avancer, de reculer et de pivoter. Moi, l’ordinateur, je vais te faire faire à toi, robot qui marche, un carré de cinq pas de côté. Tu es prêt ?

DEMARRE Avance de 5 pas.
Tourne à droite d’un angle droit.
Avance de 5 pas.
Tourne à droite d’un angle droit.
Avance de 5 pas.
Tourne à droite d’un angle droit.
Avance de 5 pas.
Tourne à droite d’un angle droit.
FIN

Ca y est, tu as terminé ton carré. Tu peux utiliser des codes pour écrire ces ordres que l’on appelle des instructions. L’ensemble constitue un « programme informatique ». C’est séduisant. On peut donner un nom à ce programme. Tiens, on va l’appeler CARRE Et si je fais un programme que j’appelle MAISON, je l’écrirai comme suit

MAISON
TOIT (ce sera un triangle à programmer)
CARRE (ce sera le mur de la maison)
FIN

Mais – attention -, on programme aujourd’hui des activités humaines. Par exemple, l’ordinateur d’un Smartphone sait où tu te trouves et peut te signaler des magasins à proximité, même si tu ne le lui a pas demandé. Tu es suivi ! Si l’ordinateur te connaît bien, quelqu’un peut s’emparer de tes goûts pour utiliser cette information à son profit.

« Que faut-il faire ? » me diras-tu.
« Au moins trois choses », te répondrai-je.

1° Consulter les intéressés quand on programme quelque chose qui a à voir avec leur identité et leur activité. Par exemple, est-ce que j’ai le droit d’enregistrer des données qui te concernent - tes notes de classe, par exemple - sur n’importe quel ordinateur auquel je suis connecté par Internet ?

2° Travailler en groupe au lieu d’être seul, la discussion aidant beaucoup dans les travaux informatiques

3° Faire attention au vocabulaire utilisé pour que tout un chacun puisse suivre et comprendre ce qu’est un hashtag, (un marqueur de données) un hoax (canular malveillant) et toute cette sorte de termes de jargon anglais.

Et n’oublie pas de réfléchir avant d’agir.
Je t’embrasse.
Ton grand-père

Ton grand-père

Jacques Perriault, Professeur Emerite en Sciences de l'Information et de la Communication à Paris X Nanterre